125 BENELLI SPECIAL SPORT

Restauration et mise en route d'une BENELLI 125 Spécial  Sport    

                                                                            par Denis FLEURY
                                                                                                                                                                             
 Depuis quelques mois , je cherche une moto italienne classique de 125 cm³ équipée d’un moteur 4 temps pour mon épouse qui ne possède pas le permis “ Gros cubes ” .   
    Petites annonces ou Internet , je dois constater que les petites Italiennes des sixties ou seventies sont relativement rares ; très peu de Ducati , MV Agusta , Gilera ou Morini sont proposées et quand elles le sont , c’est souvent à des tarifs irréalistes ( les amateurs comprendrons …. )  . Un jour ,  une annonce dans une revue spécialisée propose un 125 Benelli Spécial Sport de 1971 . Une bonne opportunité car mon épouse possède un 125 Motobi coursifié utilisé lors de démonstrations , la base est identique et la mécanique commune entre ces deux modèles . La moto est complète mais dans son jus donc une restauration totale s’impose pour reprendre du service .

 

      



     Le démontage complet de la machine ne pose aucun problème particulier et permet de lister les éléments qui seront remplacés par des pièces neuves refabriquées telles que jantes , rayons , ligne d’échappement etc. … qui sont soit irrécupérables soit trop onéreuses à restaurer ( le chromage coûte cher … ) , les caoutchoucs ainsi que les chambres à air et pneumatiques pour des raisons de sécurité .

Un voyage en Italie et plus précisément à la Mostra Scambio de Novegro s’impose .

    Chaque pièce déposée est minutieusement examinée et contrôlée . Un premier bilan permet de constater que le kilométrage affiché au compteur ( 5800 Km. ) pourrait être réel : Pneumatiques d’origine craquelés mais très peu usés , garnitures de mâchoires de freins à l’état neuf …. Le démontage complet du moteur permettra de confirmer  .  L’état des têtes de vis ainsi que les plans de joint des carters , culasse et cylindre sont  parfaits , de toute évidence le moteur n’a jamais été ouvert . La dépose du couvercle de culasse , de la culasse et du cylindre est facile et très classique de même que la dépose du volant magnétique , de l’embrayage et de la pompe à huile Seul le pignon de vilebrequin se montre réticent ; après utilisation de différents outils d’extraction et même du chalumeau , il faut se résoudre à la destruction du pignon et bien sur à son remplacement . L’ouverture des carters moteur s’avère un peu délicate car les bagues intérieures des roulements de vilebrequin sont  relativement serrées sur les soies . Les carters finalement séparés laissent apparaître la boite de vitesses , le vilebrequin et l’arbre à cames ; ces éléments sont encore gras et à l’état neufs .
           Ce petit moteur d’origine Motobi est extrêmement simple , très bien conçu et bien réalisé ;

les ajustements sont parfaits et les arbres de boite ne présentent aucune rondelle de calage témoignant d’une excellente précision d'usinage.

 

 

     

 

 

Une métrologie et un examen du piston , du cylindre et des soupapes confirme que le véhicule a très peu roulé et que le moteur est quasi neuf à l’exception des segments qui présentent un jeu à la coupe important ( près de 1 millimètre ) peut être du à une mauvaise qualité de ces segments car après démontage de plusieurs moteurs de ce type , la segmentation est toujours très usée ….
   Un nettoyage complet des organes internes et des carters permet d’éliminer tous dépôts d’huile ancienne et polluée . Après un léger rodage des soupapes et l’échange de la segmentation , le moteur est remonté soigneusement en ayant évidemment pris la précaution de monter des roulements et des joints toriques et à lèvres neufs . Le coût des roulements et des joints est relativement modique pour justifier leur remplacement ; des joints secs ou un roulements présentant des billes ou des portées piquées imposerait irrémédiablement  et rapidement d’ouvrir à nouveau le moteur  …

 

 

                                                                                           

 

            Le remontage de la machine est certainement l’étape la plus agréable d’une restauration ; la peinture ,

le polissage , le chromage et le zingage ont redonné à chacune des pièces un aspect neuf  . Tous les câbles et les gaines sont remplacés , le faisceau électrique est entièrement refabriqué à l’identique . Quelques éléments sont cependant non conformes à l’origine : La quasi totalité de la visserie est remplacée par de la visserie inox polie ( plus de chrome écaillé lors du serrage … ) et la forme de la selle est modifiée ( affinement et réalisation d’un léger dosseret  ) .  
 
    La petite transalpine ainsi restaurée est superbe , fine , racée et certainement mieux finie qu’à sa sortie des usines de Pesaro  . Les différents réglages effectués , une batterie neuve , quelques litres de Castrol , un peu de carburant et après seulement deux coups de kick , le moteur émet un sympathique ronronnement de petit monocylindre au ralenti . Il reste l’essai et la mise au point … Première en haut et c’est parti en douceur mais à la première rotation de la poignée de droite , le moteur refuse de prendre des tours … Après la reprise de chacun des réglages ( carburation , distribution et allumage ) suivi d’un bref essai , le moteur ne daigne toujours pas monter en régime  .  L’étape suivante qui consiste en l’échange de quelques organes vitaux , bobine d’allumage , bougie , gicleurs et finalement carburateur ne donne pas de résultat significatif  . ….

Je commence à arracher les quelques cheveux qu’il me reste .

   Après une petite interruption bienfaitrice de quelques jours , je reprend les réglages persuadé que quelque chose d’évident m’a échappé . Deux carburateurs différents dont celui du Motobi qui fonctionne très bien ayant été essayés sans succès , je  commence par l’allumage : Rupteur puis avance centrifuge et point d’avance initial et au moment de tourner le moteur en sens inverse pour rattraper les jeux de peut être quelques degrés de plus que d’habitude , je constate un bref clignotement de la lampe témoin … La partie du volant destinée à l’ouverture du rupteur présente un très léger défaut dans sa partie cylindrique : Une petite bosse environ cinquante degrés avant la rampe de la came d’ouverture . Une diminution très légère de l’ouverture du rupteur tout en   restant dans les valeurs préconisées résout cette anomalie qui n’était pas évidente à déceler , pas même au cours de plusieurs utilisations de la lampe stroboscopique lors du contrôle de l’avance centrifuge .
     C’est mon épouse qui réalise cet ultime essai ; après quelques kilomètres elle rentre un large sourire aux lèvres , heureuse de son nouveau jouet … Ouf . 

 

 

 

         

 



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